A vendre : cassettes ou vidéoclubs ?

La vente de cassettes est-elle l’avenir de la vidéo et des vidéoclubs ? Compte tenu des retombées du 4° Salon de la vidéo en septembre dernier, nous avons décidé d’enquêter sur ce phénomène. Depuis quelques mois certains éditeurs proposent leur fond de catalogue A des prix extrêmement abordables et c’est un fait nouveau. II s’agit pour eux de vendre des films déjà amortis par leur exploitation en vidéoclub par la location, plutôt que de les stocker A fonds perdus.cassettes De leur cote, les vidéoclubs pratiquent la vente avec ces produits généralement rhabillés (nouvelle jaquette, blister plastique, présentoirs, etc.), mais également en soldant tous les films qu’ils ont déjà rentabilises par la location et qui ne font plus partie de «la première exclusivité». C’est ainsi que les rayons se garnissent de films comme «Le vieux fusil» ou «Le retour de Martin Guerre»a des prix ne dépassant pas les 250 francs A côté de «L’as des as» proposé lui à 1 .000 ou 1 .200 francs ! Comment la clientèle se comporte-t-elle avec ces films A prix étudiés ? S’agit-il d’un nouveau marché de la vidéocassette ou simplement d’une bouffée d’oxygène par rapport à la location ? Nous avons enquêté auprès d’un échantillonnage de vidéoclubs Paris et banlieue. Les vidéoclubs se divisent en deux catégories : ceux qui louent et ceux qui vendent. Les premiers ont une structure et une clientèle telles que seule la location fait leur chiffre d’affaires. À l’occasion, ils vendent du matériel vidéo pour ajouter un plus à leur quotidien. C’est là le vidéoclub traditionnel, le vidéoclub de quartier dont la Clientèle est fidélisée. Pour lui, le phénomène de vente, très occasionnel, est le fait de gens de passage, principalement des étrangers (beaucoup d’Africains francophones) ou de Français qui vivant A l’étranger. Pour ces acheteurs, le prix ne compte pas. Ils ne représentent donc pas une nouvelle clientèle pour les fonds de catalogue. Les propriétaires de ces vidéoclubs n’ont pas de quoi être optimistes : bus ont constate une baisse de la location de l’ordre de 30 A 50 % depuis un an. Une situation préoccupante. Parmi les causes invoquées, ils citent pêle-mêle : Canal +, les futures télévisions privées,les problèmes de temps et d’argent (35 francs par jour plus l’abonnement), les contraintes (celle de rapporter les cassettes en temps voulu), mais aussi et surtout le fameux délai pour obtenir les films récents (même si les délais de diffusions sont les mêmes, à un mois près, pour Canal + et pour la vidéo). En somme, ça devient dur pour la location, et ces vidéoclubs s’interrogent sur les diversifications possibles. La deuxième catégorie vidéoclubs regroupe ceux qui se sont petit A petit orientes vers la vente. La partie location est toujours la, le rayon matériel vidéo aussi, mais le secteur réserve A la vente s’est agrandi. On y trouve des films de 100 A 1 800 francs. Pour ces vidéoclubs, la vente, c’est l’avenir et l’optimisme règne. Ils van-dent aux particuliers, mais aussi aux autres vidéoclubs, an grande quantité et pas char. Leur argument est simple : les Français aiment posséder, mais A des prix raisonnables. Ils aiment acquérir des films qu’ils ont apprécies. Pour ces vidéoclubs, les fonds de catalogue sont une opportunité pour s’adresser une nouvelle clientèle. Mais ils restent détermines sur un point, celui de la diversification indispensable de leurs activités. C’est-à-dire louer et vendre du matériel et des accessoires. Ces deux catégories de vidéoclubs, si elles ont des attitudes et des structures commerciales différentes, sont d’accord sur deux points : la location n’a pas un avenir souriant et seuls les grands tiendront le coup face aux nouveaux médias. Pour mieux comprendre, il faut savoir comment se comporte un abonne moyen du vidéoclub loue entre quatre et cinq cassettes par semaine pour environ 30 francs par jour an plus de l’abonnement qu’il a payé (environ 500 francs par an). II ne doit pas oublier de rapporter sa cassette en temps voulu ou lui an coute généralement 10 ou 15 francs par jour supplémentaire. Le client moyen recherche avant tout la nouveauté. En ce moment, il s’arrache des films comme «A la poursuite du diamant vert» ou «La vengeance du serpent à plumes» (échec au cinéma et succès en vidéo !). Mais encore faut-il qu’a la nouveauté tant attendue soit disponible dans son vidéoclub… ou que la liste d’attente ne soit pas trop longue. Et il est vrai que Canal + (et bientôt les autres télés) représente une très forte concurrence si l’on en croit la courbe ascendante des abonnes de la 4e chaîne et celle décroissante de la location dans lesvidéoclubs. II existe également un phénomène de banalisation du produit vidéo. II y a encore deux ans, la vidéo était un loisir neuf. Maintenant, il n’y a plus rien d’exceptionnel à voir un film an vidéo. Le seul avantage quedétiennent les vidéoclubs de quartier c’est qu’ils connaissent bien leur clientèle. Ils la conseillent en fonction de ses goûts, ils lui rendent des services en réservant des films, et en pratiquant un type d’accueil personnalise. Mais ces vidéoclubs se plaignent de subir les désirsetles prix des éditeurset de n’avoir aucun moyen d’action sur eux. Sans parler de la taxe sur lesmagnétoscopes qui a fait fuir des abonnes, notamment par peurqu’on ne les retrouve grâce aux fichiers (voir, a ce propos, notre enquête sur la législation page 134). Bref, si la location n’est plus ce qu’elle était, la vente, quant à elle, prend le chemin des industries lourdes, c’est-a-dire des gros vidéoclubs indépendants qui peuvent également agir par la VPC, la vente par correspondance. Le phénomène vente se développe aussi énormément du côté des grandes surfaces. Alors, quel est l’avenir ? Sans entrer dans la science-fiction, mais seulement dans le monde de demain, on robot, distributeur de K7, vapeut-être d’ici peu régler le problème. II suffira d’insérer de la monnaie, d’appuyer sur la touche du film que vous aurez choisi et le tour sera joué. Ce robot-vidéoclub est actuellement exposé à La Villette au Festival de l’industrie et de la technologie, et déjà expérimenté à Grenoble. Mais II n’est pas sûr qu’il soit capable de communiquer ce qui représente aujourd’hui un des attraits de la vidéo : l’amour et la connaissance du cinéma…

5 questions à Nastassja Kinski

Nastassja KinskiQu’est-ce qui vous a séduite dans le choix du personnage de Diane, dans » Harem » qui marque les débuts d’Arthur Joffé dans la mise en scène ?

J’ai été fascinée par l’histoire de cette jeune femme qui a tout pour être heureuse dans la vie, avec son métier. Elle a de l’argent. Beaucoup puisqu’elle est un top-modèle coté Et, pourtant, elle n’est pas totalement satisfaite en amour jusqu’au moment où elle se retrouve dans le harem de ce prince arabe. Cela pourrait être une tragédie, mais cela devient une histoire d’amour entre une Occidentale et un Oriental qui cherche à se libérer d’un carcan religieux et familial.

Avec Harem, vous faites votre grand retour à l’écran, après la palme d’Or au Festival de Cannes 84 pour « Paris, Texas ». Durant cette absence, vous ales devenue épouse et maman…

Je connais mon mari Ibrahim Moussa, un producteur égyptien, depuis 1976, date à laquelle je partageais la vie de Roman Polanski. Ce fut longtemps un ami avant que je découvre que je l’aimais. Nous sommes mariés, et de notre union est né, l’an passé, notre fils Alyosha. Beaucoup de gens m’ont critiquée depuis que je suis mère, comme ce fut aussi le cas pour Ingrid Bergman, il y a trente ans. Ça m’a fait très mal, je ne comprenais pas une telle situation. Peut-être de la jalousie ? Je suis fière de mon fils et je veux que les gens le sachent. D’ailleurs j’attends un second ‘enfant.

Vous parliez de Roman Polanski. Considérez-vous « Tess » comme votre film à ce Jour?

Je crois que mon travail dans «Tess»est dû avant tout à la relation exceptionnelle que j’ai entretenue avec Roman Polanski pendant les huit mois du tournage. Il était le créateur et j’étais son interprète fidèle. Je croyais au sujet, mais je ne pensais pas que le film serait aussi bien accueilli. C’est mon meilleur souvenir de cinéma. Mais il y a d’autres films comme «Paris, Texas», «Marias loyers» et «Hôtel New-Hampshire» que j’apprécie.

Depuis «Harem» vous avez tourné sous la direction de Hugh Hudson «Révolution», aux côtés d’Al Pacino. Pouvez-vous parler dace comédien immense, mais qui demeure très mystérieux ?

C’est un homme qui reste secret, même sur un plateau, avec ses partenaires. J’en sais quelque chose, puisque dans le film, mon personnage, Daisy, a une histoire d’amour avec lui. Il semblait se concentrer à un tel point que je n’osais pas le déranger. Disons que nous avons de bonnes relations, mais pas au-delà. En tout cas, dans «Révolution», qui traite de la guerre d’Indépendance des États-Unis en 1776, il sera formidable, ainsi que Donald Sutherland.

On dit que vous pourriez monter sur les planches d’un théâtre prochainement…

J’ai ce projet de jouer «La mouette» de Tchekhov dans une mise en scène d’Andreï Konchalovsky. Je ne sais pas quand, car j’ai un bébé à faire et des films.